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 Euthanasie rongeur

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MessageSujet: Euthanasie rongeur   Sam 7 Oct - 12:08

I) Introduction au principe d’éthique appliqué à l’euthanasie

Le terme euthanasie désigne une mort douce.
La méthode utilisée pour euthanasier doit être éthique : c'est-à-dire qu'elle doit être « sans douleur et engendrer un minimum de peur et d'anxiété, être fiable, reproductible, irréversible, simple, sûre et rapide ». De façon idéale, elle doit être aussi le moins choquante possible pour la personne qui la pratique ou pour d’éventuels spectateurs.


II) Les différentes méthodes éthiquement acceptables

1) méthodes dites chimiques : les gaz à inhaler

Plusieurs gaz peuvent servir à tuer des animaux : Dioxyde de carbone, Monoxyde de carbone, Argon, Azote …

Parmi ces gaz, seul le dioxyde de carbone (CO²) est considéré comme acceptable pour l'euthanasie. Les critères essentiels pour euthanasier au CO2 sont de maintenir le niveau d'oxygène et d'augmenter le pourcentage de gaz carbonique dans l'air.
S’il est bien utilisé, il permet une perte de conscience rapide. Des études montrent une perte de connaissance produite en moins d’une minute sans manifestations d’anxiété avec une concentration de CO2 proche de 70%.

Mais la difficulté est d’obtenir une concentration optimale ; le CO2 pur est plus lourd que l'air. Il se concentre dans la partie basse de la pièce d'euthanasie, les rats et autres petits animaux ont donc leur nez dans la zone la plus basse qui contient des concentrations adéquates du gaz.
Au contraire, les plus gros animaux auront la tête au-dessus de la zone de concentration efficace de CO2 et s'exposeront ainsi à des niveaux de gaz qui excitent, plutôt que dépriment, le système nerveux. Ceci amènera certains animaux à lutter. En effet, le gaz carbonique stimule aussi le centre respiratoire dans le cerveau et, à des concentrations basses, (10%), il est considéré comme un stimulant respiratoire causant l’hyperventilation et une détresse respiratoire profonde, diminuant l’efficacité de la méthode. Il est donc important de maintenir une répartition homogène de CO2 dans la chambre d'euthanasie, ce qui exige de l'équipement additionnel. Mieux vaut donc éviter cette méthode pour des proies trop grosses.

Cette méthode est aussi déconseillée pour :

- les amphibiens et les reptiles, les nouveaux nés des mammifères (moins de 15 jours).En effet, les animaux nouveau-nés, ayant vécu pendant la gestation dans un milieu où les niveaux d'oxygène sont bas, ont une plus forte tolérance au CO² qui rend la technique plus difficilement applicable.

- les espèces qui peuvent retenir leur souffle pendant de longues périodes, comme par exemple les animaux plongeurs, qui se sont adaptés à un milieu relativement pauvre en oxygène.

Le gaz carbonique ne s'accumule pas dans les tissus; il n'y a donc pas de résidus dans les proies que nous donnons à nos animaux.

Il se trouve facilement, dans des magasins de terrariophilie par exemple et il est relativement peu coûteux si on s’en sert pour des euthanasies « de masse ». Le gaz carbonique peut être acheté dans des bouteilles ou à l’état solide, sous forme de glace sèche. (Dans ce cas, veiller à ce que les animaux n’entrent pas en contact avec). Non inflammable, non explosif et essentiellement sans risques pour la personne pratiquant l’euthanasie si utilisé dans un lieu correctement ventilé.

2) Méthodes physiques d'euthanasie

L’acceptabilité des méthodes physique d’euthanasie dépend à la fois des compétences (connaissances) de la personne qui les pratique et de l’utilisation d’instruments adéquats.
Utilisées de façon appropriée, elles permettent de tuer sans cruauté.

Elongation ou luxation cervicale
La luxation cervicale peut être acceptable chez les petits rongeurs et certaines espèces de volailles. Elle peut être utilisée sur des sujets plus gros (rats de + de 200g, lapins, etc.…) mais du fait de leur plus grande masse musculaire cervicale, il vaut mieux la pratiquer sur un sujet inconscient (après une concussion par exemple)
Si cette méthode est pratiquée idéalement, elle permet une perte de conscience rapide.
Il est à noter qu’aucun matériel nécessaire, ni substance chimique éventuellement nocive à l’ingestion, d’où son intérêt dans le cadre de la terrariophilie

Cependant il est nécessaire de maîtriser le geste à la perfection et il ne peut être pratiqué que sur des animaux dont la masse musculaire est faible.
La technique consiste à séparer le crâne et le cerveau de la moelle. Lorsque la séparation de la moelle est faite, le cerveau n'envoie plus de stimulations respiratoires ni cardiaques, conduisant à la mort. La circulation sanguine continue de nourrir le cerveau parce que les artères carotides et les veines jugulaires sont intactes. Cependant, le sang sera rapidement privé d'oxygène et il y aura une accumulation de gaz carbonique une fois que la respiration aura cessé, conduisant a l’arrêt de l’activité du cerveau.

Des études ont démontré que la moelle épinière sectionnée n'émet plus de stimulations douloureuses à partir de la zone postérieure à la séparation. Ainsi, avec la séparation de la moelle du cerveau, les stimuli douloureux ne peuvent plus être perçus. Cependant, il peut y avoir des contractions musculaires importantes et impressionnantes

Euthanasie par concussion (choc cranial)
Chez les jeunes animaux ou de petite taille ayant un crâne mou, (petits lapins, rats, souris, cobaye, hamsters, petits reptiles, poissons.) Il peut être acceptable d'asséner un coup sur la tête. Le coup doit être asséné sur le milieu du crâne avec suffisamment de force pour produire une hémorragie cérébrale massive, et par conséquent une dépression immédiate du système nerveux, produisant une inconscience quasi-instantanée et donc une insensibilité rapide à la douleur.

Attention si cette méthode n’était pas exécutée correctement elle pourrait entraîner des souffrances à l’animal.Par exemple, le « jeter de rat contre le mur » est à proscrire formellement ! En effet, pour optimiser l’efficacité de la méthode, il vaut mieux frapper le crâne sur un recoin de lavabo, de baignoire….bref surtout éviter les surfaces planes ou l’intégralité du corps serait frappée.

On ne doit pas pratiquer cette méthode en présence d'observateurs occasionnels ou non informés, du fait de son caractère assez spectaculaire et choquant

III) Méthodes déconseillées

Nous allons récapituler ici les différentes méthodes a ne surtout pas utiliser. Si certaines peuvent paraître fantaisistes et sont naturellement écartées par la plupart des gens, d’autres sont réputées a tort comme acceptables. Il me paraissait donc important de faire le tri et de donner certaines explications

1) méthodes contraires à l’éthique

Le chloroforme et l'éther
Autrefois couramment utilisés comme anesthésiques, ou pour produire une euthanasie, lorsque le contact avec leurs vapeurs était de concentration et de durée suffisantes. Cependant, le chloroforme n'est plus recommandé à cause de son potentiel toxique, que ce soit pour l’animal ou la personne qui pratique l euthanasie.
L’éther dans sa nouvelle formulation est extrêmement irritant au niveau des muqueuses et cela autant pour l’animal que pour l’expérimentateur .De plus il est inflammable et explosif.

Le monoxyde de Carbone (CO)
A rejeter car même à faibles concentrations, peut être dangereux pour les autres organismes exposés à ses vapeurs. C'est un gaz incolore, indolore et difficile à détecter.
Le monoxyde de carbone provenant de l'échappement de voitures par exemple contient des impuretés et, en conséquence, il produit de l'irritation et de l'inconfort. On ne recommande pas l'usage du monoxyde de carbone comme agent euthanasique, parce qu'il présente des problèmes de sécurité lorsqu'on l'administre

Congélation
Pour les animaux de petite taille (foetus, souris,...), une congélation immédiate peut être obtenue en les plongeant tête première dans de l'air ou de l'azote liquides après anesthésie. Vu la taille de l'animal et la température, la mort est quasi instantanée.
Ce type de méthode est donc impossible à reproduire chez un particulier….les frigos de nos cuisines ne permettant pas de descendre à des temperatures suffisantes.
L’agonie est alors longue et douloureuse.
Seule exception : les rongeurs de quelques jours, sans pelage. Ne régulant pas encore leur température, il semble qu’ils ne souffrent pas de la brûlure du froid et décèdent en quelques minutes.

Hyperthermie
Nul besoin d’expliquer en quoi cette technique est barbare………

Noyade
La longueur de l’agonie rend cette méthode inapplicable.

2) méthodes éthiques mais inapplicables en terrariophilie

L'électrocution est utilisée fréquemment dans les abattoirs. (Porcs, volaille…) La procédure se fait en deux temps: un premier choc au cerveau, pour assommer l'animal; un second choc, une fraction de seconde plus tard, produit une crise cardiaque, tuant ainsi l'animal.
Cependant vu la quasi impossibilité de doser les décharges et effets de celles-ci dans une installation artisanale, cette méthode est a déconseiller fortement aux particuliers


Décapitation
La décapitation consiste à séparer le cou et la tête du corps. On doit employer des guillotines spécialement conçues à cet effet. Pour que la décapitation se déroule de façon appropriée, les appareils doivent être maintenus en bon état et ne devraient être utilises que par des personnes bien formées dans cette méthodologie et dans la manipulation des animaux.

La décapitation à la guillotine est utilisée principalement pour euthanasier les rongeurs et les petits lapins. L’anesthésie préalable est nécessaire. Cette technique permet une perte de conscience rapide, et laisse la proie saine pour la consommation, mais est assez choquante, et qui plus est inadaptée dans le contexte terrariophile

Irradiation par micro-ondes
L'irradiation par micro-ondes est utilisée surtout par les neurobiologistes qui veulent préserver intacte la composition du cerveau de l'animal Le rayonnement des micro-ondes doit être dirigé spécifiquement au cerveau. Seul un appareil conçu spécialement possède une puissance et une distribution des micro-ondes appropriées (puissance supérieure à 3.5 kW et fréquence supérieure à 2450 MHz) .il serait donc barbare de tenter l’expérience avec un appareil à usage domestique

Pièges mortels
Occasionnellement, on emploie des pièges mortels pour la collecte de spécimens de petits rongeurs sur le terrain, mais ces dispositifs ne tuent pas toujours l'animal de façon rapide et conforme à l'éthique.
Il est important de rappeler également que les proies capturées dans leur milieu naturel sont à proscrire formellement car elles sont a 90% porteuses de parasites ou maladies.


Autres méthodes
Ces méthodes sont l'exsanguination (retrait du sang de l'organisme), la décérébration (destruction des hémisphères cérébraux par l'introduction d'une sonde effilée dans la cavité crânienne par le trou occipital), pistolet à cheville percutante….
Ces méthodes de mise à mort sont acceptables uniquement lorsque les animaux sont déjà profondément anesthésiés. Complexes à mettre en œuvre car elles nécessitent une parfaite connaissance de l’anatomie des animaux concernés, on comprendra donc facilement qu’elles sont difficilement praticables pour le terrariophile


Source : Repassion

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